Retrour sur une supercherie annoncée : ce que le RSA veut dire

Les acronymes, on les retient mais on finit par ne plus savoir ce que ça veut dire. Exemple avec le RSA, le bidule que Martin Hirsch piaffe de mettre en place depuis son rapport remis en 2005 à un gouvernement de droite (eh oui, déjà, à l’époque…).

Le RSA devrait permettre aux pauvres de s’en sortir en travaillant. L’important, ce doit être de travailler. Car pour sortir de la pauvreté, le compte n’y est certainement pas pour les parents isolés (un quart des Rmistes), même avec un boulot à temps complet. Les personnes seules (environ 60% des Rmistes) devraient travailler à temps complet pour s’en sortir tout juste. Problème : les temps partiels se multiplient et le RSA n’y change rien. Bref, avec le RSA on sera un peu plus « riche » en travail, mais on restera pauvre en revenu : on sera « Riche » Sans Artiche, ça fait sans doute plus chic.
Le RSA divise les salariés : d’un côté, ceux qui peuvent vivre de leur salaire et, de l’autre...tous les autres. Contrairement à ce que dit Xavier Bertrand, le RSA ne supprime pas l’assistance : il l’étend à une large couche de salariés à bas salaire ! C’est le contraire de la solidarité. C’est un dispositif qui désigne une catégorie de salariés à part, une Réserve de Salariés Affaiblis (la RSA) auxquels on distribue des miettes d’emploi. C’est fait pour mettre davantage les chômeurs sous pression afin de concurrencer les autres salariés.
Tout cela pour le plus grand profit des patrons. Avec la garantie d’un complément de revenu fourni par l’Etat, plus besoin en effet d’augmenter les salaires. Avec le RSA, c’est la garantie d’un Revenu Salarial Abaissé. L’idée avait été suggérée en mars 1998, dans un entretien au journal La Tribune, par un certain Seillière, alors président de l’ex-CNPF. Pour financer les emplois, disait le patron des patrons, les entreprises paieraient « à hauteur de ce que peuvent payer les clients » et l’Etat pourrait, le cas échéant, compléter ce salaire par « un revenu de solidarité ». Mince, il manque une lettre…revenu de solidarité active, bien sûr, RSA !
CQFD ?

Pierre Concialdi, Sine Hebdo, 24 septembre 2008

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