Mesure de la richesse

Pas de réponses exclusivement techniques

« Un économiste digne de ce nom (...), écrivait Maurice Allais en 1954, ne doit en aucun cas se cantonner dans l’économie pure ». Les deux derniers ouvrages de Amartya Sen parus en français sont bien ceux d’un économiste qui n’oublie pas que son rôle n’est pas seulement d’apporter des réponses en matière d’efficacité économique. Même si la discipline, pour pouvoir naître, a dû, comme l’a montré Dumont, se couper de ses amarres philosophiques et morales, Sen réussit à lui faire retrouver ses origines tout en la maintenant dans sa rigueur méthodologique contemporaine. Comment, en effet, se préoccuper de questions aussi politiques que la production et la répartition des richesses sans prendre en compte des notions telles que la justice et la liberté ? Sen considère qu’il appartient bien aux économistes de mettre clairement un nom sur de potentiels objectifs sociaux ainsi que sur les politiques économiques qui permettent de les atteindre.

Place publique : changer notre regard sur la richesse

En Juillet 2000, Guy Hascoët , alors secrétaire d’Etat à l’économie solidaire, confiait à Patrick Viveret, conseiller référendaire à la Cour des comptes, une mission sur " les nouveaux facteurs de richesse " , dont le rapport a été présenté au public en mars 2002.

Cette mission ouvre de nouveaux champs de réflexion et de nouvelles bases d’expérimentation pour les tenants d’une économie plurielle. Deux instances créées autour de la mission, un conseil d’orientation et un collectif associatif prouvent la vitalité du débat tant auprès d’experts que de la société civile.

-  Place publique : l’espace "reconsidérer la richesse"

-  Indicateurs de richesse : une note de Jean Gadrey

 

Développement durable, progrès social : des indicateurs alternatifs

On assiste, depuis le milieu des années 90, à une floraison d’initiatives internationales, émanant selon les cas de chercheurs, d’associations et d’ONG, d’institutions statistiques, ou d’organisations internationales, visant à évaluer la richesse ou le "progrès" sur la base d’indicateurs "alternatifs". Ces indicateurs remettent en question la domination politique et médiatique du PIB et de la croissance économique dans la mesure de la "richesse des nations". Ces initiatives nouvelles sont portées par des exigences de deux types, qui souvent se rejoignent : des exigences "sociales" d’une part, des exigences environnementales de l’autre. On se propose d’en présenter quelques exemples significatifs.

Reconsidérer la richesse

Le rapport de Patrick Viveret est téléchargeable sur le site du ministère des Affaires sociales.

" Notre représentation actuelle de la richesse aggrave les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées au lieu de nous aider à les résoudre. Dans la plupart des dossiers qui ont été au cœur des débats publics de ces derniers mois, de la vache folle à l’Erika, de l’amiante aux accidents de la route, des conséquences de la grande tempête de décembre 1999 à la crise des carburants de l’automne 2000, il y a toujours un élément commun que l’on oublie curieusement de rappeler : ces catastrophes sont des bénédictions pour notre Produit Intérieur Brut . C’est pour réfléchir aux conditions de dépassement de ce paradoxe que Guy Hascoët a confié à Patrick Viveret, conseiller référendaire à la Cour des Comptes, une mission de cadrage et d’exploration en date du 25 juillet 2000, sur la question de nouveaux critères et indicateurs de richesse. Cette mission est réalisée en liaison étroite avec la Délégation interministérielle à l’innovation sociale et à l’économie sociale (DIES). "

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/024000191.shtml


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