Les bas salaires

Les chiffres du BIP40

Qu’est-ce que c’est ? Il s’agit du pourcentage de « bas salaires » parmi l’ensemble des salariés, quel que soit leur secteur d’activité, leur statut d’emploi (secteur privé, fonctionnaire), ou leur durée de travail. Les bas salaires sont définis de façon conventionnelle comme les salaires inférieurs à 2/3 du salaire médian (le salaire médian est le salaire au-dessous et au-dessus duquel on trouve la moitié des salariés). En 2002, ce salaire net médian s’élevait à xxx €/mois ; le seuil de bas salaire était égal à yyy €, soit un peu moins que le SMIC net mensuel perçu par un salarié à temps complet.

D’où ça vient ? Des enquêtes Emploi réalisées régulièrement par l’INSEE. L’INSEE ne publie pas de statistique sur les bas salaires, même si cette information pourrait être aisément calculée. Les chiffres utilisés sont issus de travaux ponctuels réalisés par des chercheurs (voir rubrique « A consulter ») et qui ont été actualisés par les membres du RAI.

Qu’est-ce que ça fait là ? Les politiques d’emploi développées en France ont accordé une grande place aux exonérations de cotisations sociales au motif, inspiré des théories néo-libérales, que la principale cause du chômage serait le coût « excessif » de la main-d’œuvre. Le bilan de ces politiques en matière d’emplois est très controversé.

La face cachée de ces politiques est de favoriser le développement de ces emplois à bas salaires, qui pénalisent essentiellement les femmes (environ 80% des emplois à bas salaires sont occupés par des femmes). Avec le développement du temps partiel, le SMIC - qui garantit seulement un taux horaire minimum de rémunération - ne permet pas de protéger les salariés contre le développement de ces bas salaires..

Chiffres, attention danger !

La notion de bas salaire est conventionnelle. Le seuil de 2/3 du salaire médian n’est pas une norme sociale mais un seuil statistique. C’est pourquoi les études qui ont abordé cette question ont aussi utilisé un seuil de « très bas salaire » (la moitié du salaire médian, soit zzz € /mois en 2002). Dans la progression des bas salaires observée depuis le début des années 1980, ce sont surtout ces « très bas salaires » qui ont augmenté.

Alternatives

Dans la mesure où le SMIC n’est qu’une garantie horaire de salaire minimal, il ne fournit aucune garantie de revenu pour les salariés. Si les inégalités de salaire, telles qu’elles sont mesurées par l’INSEE sur les seuls salariés à temps complet du secteur privé, ne semblent pas avoir augmenté depuis la fin des années 1980, le constat est bien différent si l’on considère le salaire du point de vue des revenus qu’ils procurent aux travailleurs. De nouvelles formes d’inégalité salariale se sont ainsi développées. Le salaire minimum à mi-temps est devenu une « nouvelle » référence dans les débats, notamment pour évaluer les incitations financières à la reprise d’emploi. Les bas salaires constituent une des formes des emplois « inadéquats » que les statisticiens du travail réunis sous l’égide de l’OIT ont recommandé

A consulter ...

  • Pierre Concialdi, « Bas salaires et travailleurs pauvres : quelques éclairages croisés », Les Travaux de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion, janvier 2002.
  • Pierre Concialdi et Sophie Ponthieux, “ L’emploi à bas salaire : les femmes d’abord ”, Travail, genre et sociétés, n°1, 1999.
  • Pierre Concialdi et Sophie Ponthieux , “ Bas salaires et travailleurs pauvres : une comparaison France-Etats-Unis ”, La Revue de l’IRES, n°33, Paris, 2000.
  • Margaret Maruani, « Les working poor version française : travailleurs pauvres et/ou salarié(e)s pauvres ? », Droit social, 2003, 7/8, pp. 696-702.
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