Le SMIC

Les chiffres du BIP40

Qu’est-ce que c’est ? C’est le rapport entre le SMIC mensuel net perçu par un salarié à temps complet et le salaire moyen (ou pour être plus précis l’inverse de ce rapport, c’est-à-dire le nombre de SMIC mensuels que représente le salaire moyen). Quand cet indicateur augmente, le salaire moyen progresse plus vite que le salaire minimum.

D’où ça vient ? Des données publiées chaque année par l’INSEE à partir de l’exploitation des DADS (Déclarations annuelles de données sociales).

Qu’est-ce que ça fait là ? Le salaire minimum constitue un plancher de salaire qui permet de limiter la croissance des inégalités : en 2002, un peu plus de 3 millions de salariés étaient concernés. La très grande majorité d’entre eux travaillent dans le secteur privé où la proportion de salariés au SMIC dépasse 16%, soit près de trois fois plus que parmi les salariés de l’Etat et des collectivités locales (5,5%).

Alternatives

Dans les années 50 et 60, l’ancêtre du SMIC, le SMIG (salaire minimum garanti) était seulement indexé sur les prix, alors que le pouvoir d’achat moyen des salaires progressait à l’époque, bon an mal an, de 4% à 5%, d’où un décrochage considérable du salaire minimum jusqu’à l’explosion sociale de mai 68. Avec l’instauration du SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) en 1970, la loi a institué un mécanisme de revalorisation qui prend en compte non seulement l’inflation, mais aussi une partie (la moitié) de la progression du pouvoir d’achat du salaire ouvrier, plus éventuellement un « coup de pouce » que peut accorder chaque année le gouvernement.

La loi du 19 janvier 2000, dite « Aubry 2 », a posé le principe d’une garantie d’évolution du pouvoir d’achat des salariés au SMIC lors du passage aux 35 heures : ces salariés bénéficient d’une garantie mensuelle de rémunération (GMR) dont le niveau est égal à leur salaire avant la RTT, et donc implicitement d’un salaire horaire plus élevé que le SMIC. Les différentes revalorisations du SMIC intervenues à chaque 1er juillet depuis l’année 2000 ont conduit à la naissance de différentes « générations » de GMR échelonnées selon la date de mise en oeuvre de la RTT. Le gouvernement Raffarin a eu beau jeu de critiquer cette « usine à gaz » tout en engageant une harmonisation de ces différents « SMIC ». A court terme, ces garanties de salaire vont être unifiées à la hausse, mais la loi a aussi prévu de les indexer sur la seule inflation. Il faudra une autre loi pour revenir à une indexation sur la croissance et éviter que le salaire minimum décroche à nouveau.

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