Les chiffres du BIP40
Qu’est-ce que c’est ? L’écart inter-décile, ou ratio D9/D1 est un indicateur d’inégalité. C’est le rapport entre le premier (D1), c’est-à-dire le niveau de salaire au-dessous duquel se trouvent les 10% de salariés les moins payés, et le neuvième décile (D9, niveau de salaires au-dessous duquel se trouvent 90% de salariés (ou au-dessus duquel se situent les 10% de salariés les mieux payés.
D’où ça vient ? Des statistiques publiées chaque année par l’INSEE sur les salaires à partir des déclarations des employeurs. Qu’est-ce que ça fait là ? Le salaire est la première source de revenus de la majorité des travailleurs (plus de 90% des personnes en emploi sont des salariés. C’est donc un indicateur important pour mesurer les inégalités.
Chiffres, attention danger ! La mesure de l’inégalité des salaires telle qu’elle est appréhendée par le système statistique en France, fournit une bonne illustration des difficultés ou « pièges » que l’on rencontre, d’une manière générale, sur la question des inégalités. L’indicateur d’inégalité. Il n’existe pas d’indicateur « objectif » de mesure des inégalités. En France, on a souvent l’habitude de privilégier le rapport inter-décile (D9/D1). Mais ce ratio très résumé méconnaît, notamment, ce qui se passe dans le haut de la distribution comme dans le bas. D’autres mesures seraient au moins aussi intéressantes, comme, par exemple, la part des salaires que reçoivent les X% de salariés les mieux ou les moins bien payés. Par ailleurs, le ratio inter-décile est une mesure relative des inégalités : quand tous les salaires augmentent d’un même pourcentage, il ne varie pas. Mais le gain en valeur absolue est évidemment beaucoup plus important pour les hauts salaires. Le champ d’observation. Le seul indicateur d’inégalité régulièrement publié par l’INSEE porte sur les salariés à temps complet du secteur privé. Il écarte donc les salariés de la fonction publique et aussi tous les salariés à temps partiel. Or la part de ces salariés dans l’emploi total a fortement augmenté depuis 20 ans et on sait qu’ils sont - à durée du travail égale - moins bien payés que les salariés à temps complet. Prendre en compte ces salariés aboutirait très certainement à augmenter non seulement le niveau des inégalités de salaires mais aussi son évolution. La notion de salaire. Le salaire est à la fois un revenu pour le salarié et un coût pour l’employeur. Pour l’employeur, ce qui compte c’est ce qu’il doit payer pour une certain temps de travail. C’est donc un taux de salaire, c’est-à-dire le rapport entre le salaire et la durée du travail rémunéré. C’est pour cette raison que l’INSEE a depuis longtemps publié des salaires en « équivalents temps complet ». Depuis quelques années, l’INSEE publie aussi des statistiques sur les taux horaires de salaires. Mais, curieusement, alors que ce concept est homogène pour les salariés à temps complet et à temps partiel, aucune statistique n’existe sur l’ensemble des salariés. Ce qui compte en revanche pour le salarié, c’est ce qu’il peut percevoir pendant une période de temps donnée (le mois, l’année) quelle que soit sa durée d’emploi. Il serait donc nécessaire d’avoir aussi une mesure des inégalités qui prennent en compte les salaires réellement perçus par les salariés, quelle soit leur durée du travail ou le nombre de mois travaillés dans l’année. Mais ces statistiques ne sont pas publiées par l’INSEE (voir fiches « Bas salaires »).
A consulter ...
- Julien Pouget et Anne Skalitz, « Les salaires dans les entreprises en 2003 Une année difficile », INSEE Première, n°1007, mars 2005. http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP1007.pdf
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