Les conflits du travail

Les chiffres du BIP40

Qu’est-ce que c’est ? Il s’agit du nombre annuel de jours de grèves dans les entreprises du secteur privé et des entreprises publiques (hors Fonction publique).

D’où ça vient ? Du Ministère du travail (DARES), qui rassemble les informations transmises par les inspecteurs du travail.

Qu’est-ce que ça fait là ? Dans un pays comme la France, où les syndicats sont faibles, une des seules manières d’équilibrer un peu le rapport des forces entre salariés et patronat est le recours à la grève : presque toutes les grandes conquêtes sociales ont été faites par des grandes grèves ou dans un contexte d’intense activité gréviste. Quand les conflits augmentent, le poids des dominés dans la société tend à s’accroître, et donc le BIP40 baisse.

Chiffres, attention danger !

Les chiffres officiels des grèves sous-estiment sérieusement la réalité. Beaucoup de grèves ne sont pas signalées par les inspecteurs du travail, soit qu’ils n’en ont pas connaissance, soit qu’ils n’ont pas le temps de le faire. Une étude de la DARES estime que les statistiques officielles recouvrent 20% des grèves et 50% des jours de grève (les grèves dans les grandes entreprises sont mieux couvertes). (D. Brochard, Evaluation des statistiques administratives sur les conflits du travail, Documents d’études de la Dares n°79, Novembre 2003, http://www.travail.gouv.fr/etudes/etudes_h.html). Cependant, le taux de sous-estimation est probablement assez stable d’une année à l’autre, ce qui justifie l’utilisation de la statistique des conflits pour juger de l’évolution du rapport des forces social dans le pays.

Alternatives

Certains diraient que la lutte des classes est éternelle... Il y aura toujours des grèves, du moins tant qu’il y aura des injustices, des inégalités et de l’exploitation ; et c’est heureux, car cela montre une capacité de révolte. Pourtant ces pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas connaissent historiquement des taux de conflits beaucoup plus faibles alors que les conquêtes sociales ne sont pas moindres qu’en France. Mais les styles de relations sociales conservent des spécificités nationales, et le patronat français reste particulièrement intransigeant et autoritaire. Pour réduire les conflits, pas de meilleure solution que de réduire les injustices, les inégalités et l’exploitation...

A consulter ...

  • Gérard Adam, Jean-Daniel Reynaud, Conflits du travail et changement social, PUF, 1978
  • Maximos Aligisakis, « Typologie et évolution des conflits du travail en Europe occidentale », Revue internationale du travail, BIT, vol. 36 n°1, 1997
  • Michel Lallement, Sociologie des relations professionnelles, Coll. Repères, La Découverte, 1996 René Mouriaux, L’année sociale (tous les ans aux Editions Syllepse)
  • Le site de la DARES : http://www.travail.gouv.fr/etudes/etudes_h.html
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