Taux de temps partiel

Les chiffres du BIP40

Qu’est-ce que c’est ? Il s’agit de la proportion d’actifs occupés (salariés et non salariés) à temps partiel.

D’où ça vient ? De l’enquête Emploi de l’Insee, réalisée tous les ans au mois de mars jusqu’en 2002 sur un échantillon de 75 000 ménages (150 000 individus de 15 ans et plus). A partir de 2003, l’enquête est trimestrielle, et sa collecte a lieu en continu sur toutes les semaines d’un trimestre. Chaque trimestre, environ 35 000 ménages, soit environ 75 000 personnes de 15 ans et plus répondent à l’enquête.

Qu’est-ce que ça fait là ? Le travail à temps partiel concerne le plus souvent des emplois peu qualifiés, surtout des services et du commerce. Les salaires horaires sont bas, souvent proches du SMIC : le salaire mensuel est particulièrement faible. Le taux de temps partiel est donc un indicateur de (mauvaise) qualité de l’emploi.

Chiffres, attention danger !

Dans l’enquête emploi, ce sont les personnes interrogées elles-même qui déclarent si elles travaillent à temps partiel. On leur précise cependant que le travail à temps partiel correspond à une durée inférieure à la durée normale du travail dans leur entreprise. Il peut donc y avoir des erreurs de déclaration. Par ailleurs, ces résultats proviennent d’une enquête par sondage : il faut tenir compte d’une marge d’erreur. Mais ces erreurs ne sont pas très importantes, dans le cas examiné ici.

Controverses

On peut faire valoir que le temps partiel n’est pas toujours synonymes de bas salaires et de faible qualification. Ainsi, dans la fonction publique, le temps partiel est parfois réellement choisi, souvent à 80%, et il est assez avantageux financièrement. Pourtant, même dans ce cas, les salarié(e)s à temps partiel sont souvent écarté(e)s des évolutions de carrières, car c’est censé être un « signal » de faible investissement dans le travail, de faible disponibilité.

Cependant, comme on le verra dans la fiche « taux de sous-emploi », le temps partiel est le plus souvent « subi » par celles et ceux qui ont besoin d’un plein salaire mais à qui on ne propose que ces sous-emplois sous-payés. C’est notamment le cas dans la restauration ou les hyper-marchés.

Alternatives

Lorsque le temps partiel est « choisi » par le (la) salarié(e) (ou le travailleur indépendant), c’est soit pour disposer de davantage de temps « pour soi », soit pour s’occuper d’enfants, ou faire face à d’autres contraintes familiales. L’alternative pour que l’ensemble des travailleurs puissent consacrer davantage de temps à leur vie familiale et personnelle, sans pour autant sacrifier (volontairement ou non) salaire et carrière est évidemment la réduction du temps de travail. Une étude montre d’ailleurs que ce sont les personnes ayant des enfants qui ont le plus apprécié la RTT.

Le temps partiel « subi » s’apparente à du sous-emploi. De 1992 à 2002, il a été fortement encouragé par des exonérations de cotisations sociales des entreprises. Ces aides devraient être totalement supprimées, et le travail à temps partiel devrait être limité au seul choix du salarié, réglementé de telle sorte qu’un retour au temps plein est toujours possible, un peu sur le modèle de la fonction publique.

A consulter ...

  • Angeloff T, Le travail à temps partiel : un marché de dupe ? Paris, Siros, La Découverte, 2000
  • Battagliola F, Des femmes aux marges de l’activité, au cœur de la flexibilité, Travail, Genre et Société n°1, 1999
  • Galtier B, Les temps partiels : entre emplois choisis et emplois « faute de mieux », Economie et Statistique n°321,322, 1999
  • Klein Tristan, Onze ans d’exonération des cotisations sociales pour l’embauche à temps partiel, Premières Synthèses de la DARES n°18.1, avril 2004
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