Les chiffres du BIP40
Qu’est-ce que c’est ? Le sous-emploi au sens du BIT (Bureau international du travail) rassemble les personnes qui travaillent involontairement moins de la durée normale du travail dans leur activité et qui sont à la recherche d’un travail supplémentaire, ou sont disponibles pour un tel travail. Le taux de sous-emploi rapporte ce nombre à l’emploi total, salariée et non salariés (soit la population active occupée)
D’où ça vient ? De l’enquête Emploi de l’Insee, réalisée tous les ans au mois de mars jusqu’en 2002 sur un échantillon de 70 000 ménages répondants (environ 150 000 individus de 15 ans et plus). A partir de 2003, l’enquête est trimestrielle, et sa collecte a lieu en continu sur toutes les semaines d’un trimestre. Chaque trimestre, environ 35 000 ménages, soit environ 75 000 personnes de 15 ans et plus répondent à l’enquête.
Le sous-emploi n’est mesuré que depuis 1990, et le changement de méthode de collecte entre 2002 et 2003 induit une rupture de série sur cette variable.
Qu’est-ce que ça fait là ? Le taux de sous-emploi est complémentaire au taux de chômage : les personnes en sous-emploi ne sont pas comptabilisées comme chômeuses, mais elles travaillent moins qu’elles ne le souhaiteraient.
Le travail à temps partiel a été encouragé par les gouvernements depuis le début des années 90, notamment au travers d’exonérations de charges sociales particulièrement favorables aux employeurs. L’emploi à temps partiel s’est dès lors fortement développé, mais il s’agissait pour l’essentiellement de temps partiel imposé par l’employeur (dans le commerce et la restauration, par exemple), se traduisant par du sous-emploi. Celui-ci atteint plus d’un million de personnes aujourd’hui. Les personnes en sous-emploi perçoivent des salaires très bas, ont souvent des conditions de travail difficiles assorties d’horaires particulièrement mal commodes.
Chiffres, attention danger !
Dans l’enquête emploi, les personnes interrogées sont classées en sous-emploi quand elles ont un emploi à temps partiel, et qu’elles souhaitent et sont disponibles pour travailler, ou lorsqu’elles ont un emploi à temps plein, mais travaillent involontairement moins que d’habitude (chômage partiel). Les erreurs de déclaration et les imprécisions dues au sondage ne sont pas très importantes dans ce cas.
Alternatives
Le sous-emploi est fortement encouragé par les aides à l’utilisation du temps partiel par les employeurs. Ces aides devraient être supprimées, et le travail à temps partiel devrait être limité au seul choix du salarié, réglementé de telle sorte qu’un retour au temps plein est toujours possible, un peu sur le modèle de la fonction publique. Seul le chômage partiel, composante très minoritaire du sous-emploi (environ 10%), est parfois inévitable.
A consulter ...
- Hélène Kontchou et François Brunet, Baisse du sous-emploi après 8 ans de hausse, Insee Première n°693, janvier 2000
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