Part des femmes dans le temps partiel

Les chiffres du BIP40

Qu’est-ce que c’est ? Il s’agit du nombre de femmes employées à temps partiel rapporté au nombre total d’emplois à temps partiel (champ ? total, salariés... ?).

D’où ça vient ? De l’enquête Emploi de l’Insee, réalisée tous les ans au mois de mars jusqu’en 2002 sur un échantillon de 75 000 ménages (150 000 individus de 15 ans et plus). A partir de 2003, l’enquête est trimestrielle, et sa collecte a lieu en continu sur toutes les semaines d’un trimestre. Chaque trimestre, environ 35 000 ménages, soit environ 75 000 personnes de 15 ans et plus répondent à l’enquête.

Qu’est-ce que ça fait là ? Le temps partiel est très largement féminin (84%), en raison de la place dévolue aux femmes dans l’emploi - emploi moins qualifié, moins de responsabilité et bas salaire - et dans la famille : elles sont censées s’occuper des enfants (ainsi que du ménage ou des parents invalides) davantage que les hommes. C’est donc un indicateur de discrimination envers les femmes : une part des femmes élevée indique une relégation des femmes tant dans des emplois moins qualifiés et moins payés que dans le travail domestique et le soin aux enfants.

Chiffres, attention danger !

Dans l’enquête emploi, ce sont les personnes interrogées elles-même qui déclarent si elles travaillent à temps partiel. On leur précise cependant que le travail à temps partiel correspond à une durée inférieure à la durée normale du travail dans leur entreprise. Il peut donc y avoir des erreurs de déclaration. Par ailleurs, ces résultats proviennent d’une enquête par sondage : il faut tenir compte d’une marge d’erreur. Mais ces erreurs ne sont pas très importantes, dans le cas examiné ici.

Controverses

Il y a bien sûr beaucoup d’autres indicateurs concernant la parité qui pourraient refléter la ségrégation dans l’emploi (taux de chômage, proportion des femmes selon les professions...), la discrimination salariale, l’inégale répartition des tâches domestiques... Par ailleurs, le temps partiel n’est pas toujours synonyme de bas salaires et de faible qualification, ni de charges familiales. Ainsi, dans la fonction publique, le temps partiel est parfois réellement choisi, souvent à 80%, et il est assez avantageux financièrement. D’autre part, le temps partiel subi des titulaires d’un CES (contrat emploi-solidarité), par exemple, n’est pas toujours lié aux contraintes familiales : c’est dans ces cas là que l’on trouve d’ailleurs beaucoup de jeunes hommes à temps partiel. Cependant, comme on le verra dans la fiche « taux de sous-emploi », le temps partiel est le plus souvent « subi » par celles et ceux qui ont besoin d’un plein salaire mais à qui on ne propose que ces sous-emplois sous-payés.

Alternatives

La question de la conciliation entre le travail professionnel et la vie familiale et personnelle comporte au moins deux dimensions : d’une part, la place que le travail laisse aux individus pour le « hors travail ». L’alternative pour que l’ensemble des travailleurs puissent consacrer davantage de temps à leur vie familiale et personnelle, sans pour autant sacrifier (volontairement) salaire et carrière est évidemment la réduction du temps de travail. Une étude montre d’ailleurs que ce sont les personnes ayant des enfants qui ont le plus appréciées la RTT. Un autre enjeu est de favoriser un meilleur partage des tâches domestiques au sein des couples. Historiquement, c’est là une évolution de très long terme...

A consulter ...

  • Angeloff T, Le travail à temps partiel : un marché de dupe ? Paris, Siros, La Découverte, 2000.
  • Battagliola F, Des femmes aux marges de l’activité, au cœur de la flexibilité, Travail, Genre et Société n°1, 1999.
  • Galtier B, Les temps partiels : entre emplois choisis et emplois « faute de mieux », Economie et Statistique n°321,322, 1999.
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