Travail de nuit

Les chiffres du BIP40

Qu’est-ce que c’est ? La proportion de salariés, secteur public et privés inclus, qui travaillent la nuit de façon habituelle ou occasionnelle.

D’où ça vient ? De l’enquête sur l’emploi de l’Insee, réalisée tous les ans en mars (et depuis 2003 toute l’année) auprès de plus de 60 000 ménages, où se trouvent plus de 20 000 salariés.

Qu’est-ce que ça fait là ? Le travail de nuit est une pénibilité lourde de conséquences pour la santé. S’il est pratiqué souvent, il accroît considérablement les troubles du sommeil, les troubles gastriques (la probabilité d’un ulcère de l’estomac est multipliée par un facteur allant de 2 à 8 selon les études !), les accidents cardiaques, les cancers du sein. Il provoque un vieillissement prématuré. Le travail de nuit est en général imposé par l’organisation du travail, dans les services publics (hôpitaux, police, transports...) et dans le secteur privé (industrie fonctionnant en continu pour des raisons techniques, travail de nuit pour économiser sur les investissements). Au nom de la lutte contre les discriminations, l’Union européenne a imposé en 1991 à la France d’autoriser le travail de nuit des femmes dans l’industrie : l’égalité hommes-femmes se fait parfois vers le bas. Quand le travail de nuit augmente, le BIP 40 augmente aussi.

Chiffres, attention danger !

Quand on compare la santé des travailleurs de nuit à celle de leurs collègues de jour, on n’observe souvent aucune différence, et parfois même on voit des travailleurs nocturnes en meilleure santé. Il s’agit d’un classique effet de sélection : n’accèdent au travail de nuit que les salariés en bonne santé ; ceux dont la santé se dégrade retournent au travail de jour. Pour évaluer les effets du travail de nuit sur la santé, il faut des études de long terme, qui fournissent des informations sur la durée pendant laquelle les personnes sont restées sur des postes de nuit, et leur état de santé comparé à d’autres salariés comparables n’ayant pas travaillé la nuit.

Alternatives

Limiter le travail de nuit aux cas où il est techniquement indispensable, à l’exclusion donc des cas où l’entreprise cherche à rentabiliser plus vite ses équipements ou à gagner des parts de marché. Entre 1991 et 1998 c’est dans le secteur privé et pour les ouvriers que le travail de nuit s’est développé, pour des raisons de pure rentabilisation ; il n’a pas augmenté dans les services publics.

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