Postures pénibles

Les chiffres du BIP

Qu’est-ce que c’est ? la proportion des salariés qui répondent subir des « postures pénibles et fatigantes à la longue ».

D’où ça vient ? Des enquêtes « Conditions de travail » de la DARES (Ministère du travail), réalisées en 1978, 1984, 1991, 1998 et 2005. Entre ces années les chiffres publiés résultent d’une interpolation linéaire.

Qu’est-ce que ça fait là ? L’intensification du travail et la dégradation des conditions de travail sont des tendances lourdes depuis le début des années 80. Elles résultent de la pression accrue exercée sur les salariés (ouvriers, employés, techniciens...) par l’organisation du travail (juste-à-temps, qualité totale, auto-contrôle, polyvalence...). Travailler dans une « posture pénible et fatigante à la longue » est particulièrement pénalisant pour la santé, en termes d’accidents du travail, d’affections lombaires et de troubles musculo-squelettiques. Le chômage, l’affaiblissement du syndicalisme et la précarité empêchent les salariés de refuser ces conditions de travail préjudiciables à leur santé. La dégradation des conditions de travail participe donc de l’insécurité sociale que le BIP40 vise à décrire.

Chiffres, attention danger ! Les déclarations des salariés sont bien entendu subjectives, ce qui ne veut pas dire arbitraires. L’accroissement des déclarations sur les « postures pénibles » peut traduire des conditions de travail « objectivement » plus dures qu’auparavant, mais aussi la prise de conscience par les salariés que leur travail est pénible (c’est-à-dire « l’objectivation » de caractéristiques du travail jusqu’alors tacitement admises comme naturelles). Cette objectivation peut résulter de plusieurs facteurs (luttes sociales, discours médiatiques, perte du sens du travail, affaiblissement des compensations offertes par le collectif de travail, accumulation d’autres contraintes qui renforcent la perception de celle-ci...). Il n’empêche que la dégradation des conditions de travail déclarées reflète le point de vue des salariés sur l’évolution de leur travail, et que ce point de vue est éminemment légitime.

Alternatives Améliorer la prévention et l’organisation du travail, en mettant en débat avec les salariés les changements technologiques et organisationnels.

A consulter ...

  • Michel Gollac, Serge Volkoff, Les conditions de travail, Repères, La Découverte, 2000 Philippe Askenazy, Les désordres du travail, Seuil, La République des idées, 2004
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