Maladies professionnelles

Les chiffres du BIP40

Qu’est-ce que c’est ? Le nombre de maladies professionnelles reconnues chaque année par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMT-TS).

D’où ça vient ? De la brochure annuelle « AT-MP » de la CNAM-TS

Qu’est-ce que ça fait là ? Les salariés sont parfois contraints de « perdre leur vie à la gagner » : les risques professionnels imposés par les entreprises peuvent provoquer des maladies graves, voire mortelles, qui sont un prix élevé à payer pour disposer d’un emploi. L’augmentation spectaculaire des maladies professionnelles -surtout les cancers du poumon dûs à l’amiante et les troubles musculo-squelettiques (TMS) dûs au travail répétitif sous contrainte de temps - reconnues depuis le début des années 1990 est l’indice que l’intensification du travail imposée aux salariés n’est pas « soutenable » dans le temps, et que les effets pervers des nouveaux modes d’organisation du travail appellent des réformes profondes du système de prévention des risques professionnels, aujourd’hui largement dans les mains du patronat.

Chiffres, attention danger !

Les statistiques de la CNAM-TS ne concernent que les maladies reconnues comme professionnelles par les caisses d’assurance-maladie. Or de nombreuses études montrent qu’il existe une sous-reconnaissance massive de ces maladies professionnelles, d’une part parce que les entreprises n’ont aucun intérêt à les déclarer (leurs cotisations augmentent si elles déclarent des maladies professionnelles), d’autre part parce que les médecins de ville sont très peu formés à déceler l’origine professionnelle des pathologies. Le patronat, pour sa part, prétend que le nombre de maladies professionnelles reconnues augmente parce que la sécurité sociale reconnaît plus facilement l’origine professionnelle qu’autrefois. Il est vrai que, suite notamment au scandale de l’amiante (fibre mortelle dont le patronat a essayé le plus longtemps possible d’empêcher l’interdiction au nom de la « défense de l’emploi » !), et à l’explosion des maladies des articulations (TMS), les directions des caisses d’assurance maladie, largement influencées par le patronat, ont de plus en plus de mal à nier l’évidence de l’origine professionnelle de ces pathologies.

Alternatives

Pour faire diminuer le nombre de maladies professionnelles, plusieurs mesures seraient nécessaires : renforcer la prévention (donc l’indépendance des médecins du travail) ; sanctionner plus lourdement les entreprises fautives ; assurer la transparence (avec la publication sur Internet des rapports d’inspection du travail et des rapports des CHSCT, les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, responsables de la sécurité au travail dans les entreprises de plus de 50 salariés) ; renforcer les pouvoirs des syndicats et des CHSCT sur l’organisation du travail dans les entreprises de toute taille. Aujourd’hui la politique de recherche et de prévention est largement entre les mains du Medef : c’est comme si l’Etat donnait une boîte d’allumettes au pyromane...

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