Sécu : faire passer les questions d’objectif et d’organisation avant les questions financières.

Les rapports sur la Sécu se suivent et se ressemblent. Le rapport de la Cour des comptes rendu public à la mi-septembre ne fait pas exception. Entrée par le déficit, constat qu’il n’y a pas de lien entre progression des dépenses et état de santé de la population, appel à la responsabilisation des acteurs. L’entrée par le déficit est sans doute la plus mauvaise entrée possible. Un déficit c’est par construction la combinaison de l’évolution de recettes et de dépenses. Du coté des recettes se trouvent posés tout à la fois la question de l’évolution de la richesse nationale et celle de son partage. Du coté des dépenses se combinent l’évolution des dépenses hospitalières, de médicaments, de médecine de ville, chacune répondant à des déterminants multiples.

L’idéologie libérale peut nuire gravement à la santé

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Les références incessantes au « trou de la sécu » ont fini de convaincre tout un chacun que quelque chose ne tournait pas rond avec le financement de notre système de santé. Inlassablement, on a dénoncé le progrès technique comme source de demande croissante, une offre de soins illimitée, des dépenses non maîtrisées, etc. Aujourd’hui, les dépenses seraient devenues « incontrôlables » ou « en dérive permanente ». Il faudrait « responsabiliser les usagers »... Ainsi, dans le vaste chantier de destruction de la protection sociale mise en place depuis 1945, il s’agirait, après celle des retraites, d’organiser une « réforme » de la santé.

Assurance maladie : vers l’insécurité sociale

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Le credo est entendu : l’explosion des dépenses de santé conduit à une nécessaire remise en cause de notre système d’assurance maladie. Les dispositifs de protection sociale mis en œuvre après-guerre seraient inadaptés aux mutations contemporaines du monde du travail. Ils contribuent rien moins qu’à l’explosion du chômage et de la précarité, voire à l’accroissement des inégalités ! Mais la droite se propose toutefois de « sauver » cette « Sécu » au bord du gouffre, tout en la jugeant asphyxiante et asphyxiée. Les arguments sont bien connus, ils ont déjà servi l’an dernier pour « sauver » les retraites... Mais on comprend la difficulté : il s’agit de persuader tout un chacun que ce qui était possible dans la France meurtrie et affamée de 1945 ne l’est plus, soixante ans plus tard, dans une France opulente. Pour éviter le débat public et citoyen sur la question, chiffres, courbes et graphiques, illustrant le déficit « abyssal » ou « historique » de la Sécu, sont mobilisés pour convaincre tout un chacun qu’il n’y aurait que des choix techniques et non des choix politiques. C’est pourtant un véritable changement de société, avec moins de solidarité et plus de marché, que la droite s’applique à mettre en œuvre.

Vulnérabilité sociale et santé

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Dans le cadre de sont enquête « Santé, soins, protection sociale » l’IRDES consacre un chapitre au lien entre « vulnérabilité sociale et santé ».

La « vulnérabilité sociale » est définie par 4 dimensions : Périodes d’inactivité professionnelle involontaire (maladie ou chômage) supérieures à 6 mois, difficultés pour faire face à des charges financières liées au logement, recours à un hébergement, isolement social durable.

La « maîtrise médicalisée » dans le texte

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Autour de la question des dépenses d’assurance maladie on avait entendu parler de la « maîtrise médicalisée ». Mais comme elle était demandée par certains, sans jamais être réellement mise en place par les autres, on ne savait pas trop ce que c’était. Le résultat des actuelles négociations entre les principaux, mais pas tous, syndicats de médecins libéraux et le directeur de l’UNCAM (ancien membre du cabinet du ministre et toujours branché sur le gouvernement) permet de mieux comprendre de quoi il retourne.

Couverture complémentaire et niveau de revenu

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Hors CMU 87.6% de la population est couverte par une couverture complémentaire. Le niveau de couverture complémentaire est clairement relié au niveau de revenu. Alors que ce taux n’est que de 70% pour les 20% de la population dont le revenu est le plus faible il dépasse 95% pour les 40% de la population dont le revenu est le plus élevé.

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