Pauvreté - En débat

Pauvreté et richesse...

Raffarin décide d’augmenter de presque rien le SMIC, Ernest-Antoine Seillière du Médef s’exclame : « Le smic est trop élevé ! ». Raffarin prépare une amnistie fiscale en faveur des capitaux illégalement expatriés, Ernest-Antoine Seillière veut la fin de l’impôt dit sur les grandes fortunes ! Ainsi va le monde des inégalités !

De 1988 à 2002 le pouvoir d’achat des revenus monétaires de la propriété a augmenté de 202 % alors que celui de la plupart des salaires stagnait. Cette évolution divergente a conduit à une aggravation des inégalités de revenus, puisque les revenus des ménages les plus fortunés sont plus particulièrement constitués de revenus de la propriété. Pourtant selon l’INSEE le « taux de pauvreté relative » aurait baissé. Il serait passé de 7,1 % en 1984 à 6,5 % en 2000. Allez comprendre !

Inégalités et pauvreté : la politique de l’autruche

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Depuis trente ans, l’apparition de nouvelles formes de précarité et d’exclusion pose à la fois la question d’une meilleure compréhension théorique et d’une meilleure analyse statistique de ces phénomènes. Les progrès réalisés par la recherche en sciences sociales sont réels et la collecte de l’information statistique a elle aussi progressé. La mesure quantitative de la pauvreté (combien sont les pauvres et qui sont-ils ?), qui joue un rôle important dans le débat public, demeure néanmoins un enjeu de controverses.

Refus de la misère : changer de regard

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Initiée en 1987 par des associations de défense des Droits de l’Homme, et reconnue depuis 1992 par les Nations Unies, une journée mondiale du refus de la misère est organisée tous les 17 octobre. Cette initiative est l’occasion de soulever de grandes questions concernant la pauvreté moderne : sa définition, son évolution et ses racines, et les types d’action à entreprendre. Dans tous les cas, le regard que l’on porte sur la pauvreté conditionne les réponses.

Il existe aujourd’hui un large accord national et international, au moins du côté des acteurs associatifs et publics les plus engagés, pour retenir la définition suivante : être pauvre, dans une société donnée, cela ne se réduit pas au fait d’avoir un revenu monétaire inférieur à un certain seuil.

La paresse n’est pas la cause de la pauvreté

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Le nombre de Français qui pensent que la pauvreté et le chômage s’expliquent par le fait de ne pas vouloir travailler augmente d’après les sondages. Ainsi, en 2002, 56 % des personnes interrogées estimaient que la pauvreté et l’exclusion s’expliquaient ainsi [1].

L’idée était déjà développée par l’économiste David Ricardo [2] au XIXe siècle lorsqu’il s’opposait à la loi sur les pauvres qui obligeait les paroisses à venir au secours des indigents. Les secourir n’allait pas les pousser à se sortir de la misère mais au contraire limiter leur recherche de travail et augmenter la natalité ... Si la crainte d’une trop forte fécondité a disparu, celle du risque de fainéantise, que provoqueraient le RMI et les allocations chômage, est toujours mise en avant : l’assistance serait une mauvaise solution.

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